Soyons objectifs

À l’heure où les communications sont de plus en plus présentes dans nos vies, que d’un seul clic, tu puisses rejoindre, partager, te renseigner, qu’une simple phrase puisse rapprocher, conscientiser, voir intimider, il est facile pour n’importe qui de faire du bien, tout autant que de blesser ou de discréditer. Grâce à l’accès à internet en tout temps, il est désormais aisé de s’improviser spécialiste dans n’importe quel domaine…oui, mais à quel prix?

Hier, sur un groupe bièrophile d’un célèbre média social, quelqu’un posait la question « Pour ou contre la Gose N’Roses? », sans plus de détails…En découla une joute verbale et des critiques de notre bière par des personnes ne l’ayant pas goûtée. Depuis sa sortie il y a deux semaines, dépanneurs à bières ou épiceries de la région nous en font pourtant l’éloge. De même, à l’HopEra, la réaction de la clientèle est sans équivoque : elle est adorée. Il est cependant tout autant concevable qu’elle ne plaise pas à tout le monde, mais parce qu’elle n’est pas au goût de la personne, pas parce qu’elle ne goûte pas comme celle d’une autre microbrasserie. Le monde serait plus fade si toutes les microbrasseries brassaient les mêmes produits.

Alors à partir de quand devons-nous être fiers de nos produits?

Force est de constatée qu’en restauration-microbrasserie, bien du monde semble se considérer plus au courant de notre job. Irions-nous voir nos notaires, avocats, garagistes, cols bleus pour leur dire qu’ils font mal leur job? Certes non, car personne n’a la science infuse, heureusement! C’est pareil pour nourriture et boisson. Si tout le monde avait le même palais ou les mêmes goûts, nombreuses entreprises fermeraient! Oui, il y a toujours place à la critique, mais il existe bien des façons plus diplomatiques que celles souvent hélas employées. Que l’objectivité devienne le maître mot de tout dégustateur. Lorsque nous sortons un produit sur le marché, c’est que nous en sommes fiers. À la manière d’un accouchement, il est dur de se faire dire que l’enfant est raté, bien qu’il soit parfait à nos yeux de parents.

En novembre dernier, nous avons eu la chance de rencontrer Sam Calagione, propriétaire de la célèbre brasserie Dog Fish Head, Delaware. Celui-ci nous conseillait qu’un brasseur devait toujours penser à lui en brassant ses bières, au risque de perdre sa passion pour ne faire plaisir qu’aux autres.

Alors oui, nous avons brassé notre Gose N’Roses pour qu’elle ne soit pas trop acide, ni trop salée. Nous avons choisi l’eau de rose plutôt que la coriandre. Nous la trouvons à notre goût tel quel.

Alors si tous les goûts sont dans la nature, il est temps que celle-ci reprenne ses droits afin de nous le prouver!

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